Contre le diabète, 3 solutions d'avenir / Against diabetes, 3 solutions for the future

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DIABÈTE

Contre le diabète, 3 solutions d'avenir

Le 15.11.2016 à 13h24

 

À l'occasion de la Journée mondiale contre le diabète, le Centre européen d'étude du diabète fait le point sur trois stratégies thérapeutiques qui pourraient changer la donne dans le traitement de cette maladie.

 

Une femme présente un prototype de pancréas bioartificiel au Centre européen d'étude du diabète à Strasbourg en 2014.

FREDERICK FLORIN / AFP

 

DIABÈTE. La pandémie galopante de diabète touche désormais quelque 422 millions de personnes au niveau mondial, soit quatre fois plus qu'au début des années 1980. Type 1 et type 2 confondus, ce sont 5 millions de patients concernés par le diabète en France, sans compter les 800.000 qu'on estime touchés sans être diagnostiqués... À l'occasion de la journée mondiale contre le diabète, le 14 novembre 2016, le Centre européen d'étude du diabète (CEED), structure de recherche translationnelle basée à Strasbourg, a présenté l'avancement de trois projets prometteurs dans la prise en charge du diabète en présence du président directeur Michel Pinget, professeur émérite à la Faculté de médecine de Strasbourg et ancien chef de service endocrinologie au CHU de Strasbourg.

 

Le pancréas bio artificiel, meilleure alternative à la greffe ?

 

L'une des stratégies de prise en charge d'un diabète de type 1 sévère, très instable, consiste en la greffe d'îlots pancréatiques. Réalisée pour la première fois en 1999, elle est une alternative aux injections pluriquotidiennes d’insuline très contraignantes pour les patients. Les îlots de Langerhans (ou pancréatiques) situés dans le pancréas sont des groupes de cellules endocrines chargés de sécréter l'hormone régulatrice du taux de sucre dans l'organisme : l'insuline. Chez les malades, ces îlots ne fonctionnent plus correctement, d'où le déficit d'insuline. Il s'agit donc de greffer des îlots prélevés chez des donneurs dans le foie de receveur. Mais la procédure est complexe et il est difficile de protéger les cellules bêta dans un environnement qui ne leur est pas destiné. Par ailleurs, la greffe nécessite un traitement immunosuppresseur (anti-rejet) lourd, aux "conséquences parfois plus nocives que le diabète lui-même", précise le Pr Michel Pinget.

 

Le pancréas bioartificiel permettrait d'optimiser la greffe des îlots. Il s'agit d'une poche faite d'une membrane biocompatible implantée sous la paroi abdominale du patient. À l'intérieur, sont placés des îlots prélevés chez des donneurs humains. La perméabilité de cette membrane permet de laisser passer le glucose dans un sens, et l'insuline dans l'autre sens. Ainsi les îlots peuvent-ils être stimulés à sécréter de l'insuline relâchée dans l'organisme. Mais elle ne laisse pas de prise au système immunitaire et ne nécessite donc pas de traitements antirejet. Surtout, la libération d'insuline se ferait en fonction des besoins de l'organisme pour obtenir une glycémie stable.

Le projet doit faire l'objet d'un essai clinique de phase 1, visant à confirmer la sécurité de la procédure, auprès de 6 patients européens dès le premier trimestre 2017. "Ces essais auraient dû commencer en 2016, mais les freins réglementaires étaient encore trop nombreux", précise le Pr Pinget.

 

>> Pour en savoir plus sur ce projet, retrouvez l'interview que le Pr Eric Renard a accordé à Sciences et Avenir

 

L'insuline orale, pour en finir avec les piqûres

 

Un diabétique qui se traite depuis 20 ans à raison de 3 à 4 injections d'insuline et de tout autant de contrôles glycémiques chaque jour sera piqué près de 50.000 fois. Cela constitue un frein à la bonne observance du traitement. Afin d'améliorer le confort des malades, mais aussi permettre un meilleur contrôle de la glycémie, une administration orale (par gélule) d'insuline est une option de plus en plus crédible. Un obstacle : l’insuline est digérée lorsqu'on l’avale. Il s'agit donc de permettre à l’insuline d’arriver intacte et encore biologiquement active au niveau de sa cible : le foie. L'idée est donc d'acheminer l'insuline à travers l'œsophage, l'estomac puis l'intestin. Pour cela, une simple gélule ne suffit pas. Les chercheurs du CEED ont ainsi mis au point une technique de double encapsulation : un "véhicule" résistant aux sucs gastriques de l'estomac protège des nanoparticules dans lesquelles l'insuline est comme emprisonnée. Les nanoparticules finalement libérées dans l’intestin protègent l’insuline et permet sa libération dans le sang. L'efficacité et l'innocuité de cette technique de double encapsulation ont été validées in vivo.

 

Le muscle, nouvelle glande endocrine contre le diabète ?

 

Les chercheurs du CEED explorent un phénomène de communication croisée entre les muscles et les cellules bêta-pancréatiques. L'objectif est d'apporter une explication cellulaire aux aspects bénéfiques du sport sur la maladie. "On a découvert que certaines molécules sécrétées par l'activité musculaire, des myokines, pouvaient avoir un effet bénéfique sur le pancréas, explique le Dr Karim Bouzakri. C'est un véritable dialogue qui s'instaure entre le muscle et le pancréas par l'intermédiaire de ces myokines." À tel point que le Pr Minget n'hésite pas à expliquer que "plus qu'un simple organe contactile, le muscle devient presque une glande endocrine à part entière". En effet, certaines myokines auraient une influence directe sur la régulation de l'insuline par l'organisme. "On cherche à savoir quelles myokines ont le meilleur effet protecteur pour le pancréas", précise le Dr Karim Bouzakri. En réalité, les chercheurs pensent en avoir identifié une : "On va l'appeler la myokine X car le brevet que nous avons déposé est en train d'être examiné", s'amuse le Pr Minget. À terme, le CEED espère mettre au point une solution thérapeutique utilisant ces myokines pour prévenir le développement du diabète.

 

#DIABÈTE

 

 

DIABETES

Against diabetes, 3 solutions for the future

15.11.2016 at 13h24

On the occasion of World Diabetes Day, the European Center for the Study of Diabetes takes stock of three therapeutic strategies that could change the situation in the treatment of this disease.

 

 

A woman presents a prototype bioartificial pancreas at the European Center for the Study of Diabetes in Strasbourg in 2014.

 

 

FREDERICK FLORIN

DIABETES. The galloping diabetes pandemic now affects some 422 million people worldwide, four times more than in the early 1980s. Type 1 and type 2 combined represent 5 million patients with diabetes in France, The 800,000 estimated to be affected without being diagnosed ... On the occasion of World Diabetes Day, 14 November 2016, the European Center for the Study of Diabetes (CEED), a translational research structure based in Strasbourg, Presented the progress of three promising projects in the management of diabetes in the presence of the chairman Michel Pinget, professor emeritus at the Faculty of Medicine in Strasbourg and former head of the department of endocrinology at the CHU in Strasbourg.

The artificial bio pancreas, the best alternative to transplantation?

One of the management strategies for severe, highly unstable type 1 diabetes is pancreatic islet transplantation. Created for the first time in 1999, it is an alternative to multi-daily insulin injections that are very restrictive for patients. The islets of Langerhans (or pancreatic) located in the pancreas are groups of endocrine cells responsible for secreting the hormone regulating the level of sugar in the body: insulin. In the patients, these islets no longer function properly, hence the deficiency of insulin. It is therefore a question of grafting islets taken from donors in the liver of recipient. But the procedure is complex and it is difficult to protect the beta cells in an environment that is not intended for them. Moreover, the graft requires a heavy immunosuppressive (anti-rejection) treatment, with "consequences sometimes more harmful than the diabetes itself", specifies Professor Michel Pinget.

The bioartificial pancreas would make it possible to optimize islet transplantation. It is a pocket made of a biocompatible membrane implanted under the abdominal wall of the patient. Inside, islets are removed from human donors. The permeability of this membrane allows the glucose to pass in one direction, and the insulin in the other direction. Thus islets can be stimulated to secrete insulin released into the body. But it leaves no hold to the immune system and therefore does not require anti-rejection treatments. Especially, the release of insulin would be according to the needs of the body to obtain a stable blood sugar.

The project is scheduled for a Phase 1 clinical trial to confirm the safety of the procedure in 6 European patients by the first quarter of 2017. "These trials should have started in 2016, but the regulatory Still too many, "says Professor Pinget.

>> To find out more about this project, find the interview that Professor Eric Renard gave to Sciences et Avenir

Oral insulin, to stop the bites

A diabetic who has been treating for 20 years with 3 to 4 injections of insulin and just as many glycemic controls every day will be stung nearly 50,000 times. This is a barrier to adherence to treatment. In order to improve the comfort of the patients, but also to allow a better control of the glycaemia, oral administration (per capsule) of insulin is an increasingly credible option. An obstacle: insulin is digested when swallowed. It is therefore a question of allowing the insulin to arrive intact and still biologically active at the level of its target: the liver. The idea is to transport insulin through the esophagus, the stomach and then the intestine. For this, a simple capsule is not enough. The CEED researchers have thus developed a technique of double encapsulation: a "vehicle" resistant to gastric juices of the stomach protects nanoparticles in which the insulin is as imprisoned. The nanoparticles ultimately released into the intestine protect insulin and allow its release into the bloodstream. The efficacy and safety of this double encapsulation technique have been validated in vivo.

Muscle, a new endocrine gland for diabetes?

CEED researchers are exploring a phenomenon of cross-communication between muscles and beta-pancreatic cells. The aim is to provide a cellular explanation of the beneficial aspects of sport on the disease. "It has been discovered that certain molecules secreted by muscle activity, myokines, may have a beneficial effect on the pancreas," explains Dr. Karim Bouzakri. "It is a real dialogue between the muscle and the pancreas by the Intermediate of these myokines. " So much so that Professor Minget does not hesitate to explain that "more than a simple contact organ, the muscle becomes almost an endocrine gland in its own right". Indeed, some myokines would have a direct influence on the regulation of insulin by the body. "One seeks to know which myokines have the best protective effect for the pancreas," says Dr. Karim Bouzakri. In fact, the researchers think they have identified one: "We will call it myokine X because the patent that we have filed is being examined," says Professor Minget. Ultimately, CEED hopes to develop a therapeutic solution using these myokines to prevent the development of diabetes.

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