Rétinopathie diabétique / diabétic retinopathy

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Rétinopathie diabétique : comment le diabète peut rendre aveugle

Par Lise Loumé

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Publié le 11-05-2016 à 14h10

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Touchant la moitié des diabétiques de type 2, la rétinopathie est une grave complication de cette pathologie pouvant conduire à une cécité en l’absence d’un traitement adapté.

 

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SOMMAIRE

•Définition

•Origine

•Symptômes

•Dépistage

•Prévention et traitement

Qu'est-ce que c'est ?

La rétinopathie diabétique, caractérisée par des lésions de la rétine de l'œil, est une grave complication du diabète qui touche 50 % des patients (à différents stades), selon la Fédération française des diabétiques. Le diabète est ainsi responsable de 12 % de l’ensemble des cas de cécité dans les pays occidentaux ! Plusieurs facteurs favorisent la survenue d'une rétinopathie diabétique et accélèrent sa progression : l'ancienneté du diabète, le niveau de glycémie, un diabète instable, l'hypertension artérielle, le tabagisme, etc. Cette pathologie peut accélérer la survenue d'autres maladies des yeux comme les glaucomes ou la cataracte, et même conduire à la cécité en l’absence d’un traitement adapté.

 

Comment ça s'explique ?

Réceptionnant les ondes lumineuses et les transmettant au cerveau via le nerf optique, la rétine (voir schéma ci-dessous) est une fine membrane de l'œil parcourue par une multitude de petits vaisseaux, les capillaires. L'excès de sucre dans le sang - comme dans le cas d'un diabète - fragilise la paroi de ces derniers, entraînant une perte d'étanchéité. Il s'ensuit la rupture puis l'éclatement de ces vaisseaux (on parle de "micro-anévrismes"). Au fur et à mesure, des zones étendues de la rétine ne sont plus oxygénées. En réaction, la rétine produit de nouveaux vaisseaux encore plus fragiles.

Le phénomène s'amplifie et s'étend jusqu'à la macula (zone au milieu de la rétine), où se situe le centre de la vision. La macula s'épaissit, et il se produit alors un œdème maculaire responsable d’une baisse de l’acuité visuelle qui peut être très importante et que partiellement réversible. De surcroît, les vaisseaux nouvellement produits par la rétine peuvent saigner dans le vitré (zone située devant la rétine), conduisant dans certains cas à un risque de déchirure et donc de décollement de la rétine, responsable d’une perte définitive de la vision.

 

Les médecins distinguent deux types de rétinopathies : la rétinopathie non proliférative, caractérisée par quelques micro-anévrismes et quelques microhémorragies, moins grave que la rétinopathie diabétique proliférative, pour laquelle l'on observe de vastes hémorragies.

 

Quels sont les symptômes ?

 

Si certains troubles de la vue peuvent indiquer la présence d'une rétinopathie diabétique (lettres déformées à la lecture, difficultés à passer de la lumière à l'obscurité, etc.), la maladie s'installe souvent sans donner de signes d'alerte. On peut donc malheureusement être atteint de rétinopathie même avec une bonne vue et en l'absence de symptôme... D'où l'importance d'un contrôle régulier par un spécialiste et d'un dépistage précoce pour les patients atteints de diabète.

Quand elle est légère, l'hémorragie du corps vitré provoque la vision de quelques taches obscures. Ces deux images ci-dessous illustrent la vision d'une personne voyante (image du haut) et d’une personne atteinte d’une hémorragie du vitré due à une rétinopathie diabétique proliférant (image du bas).

 

Rétinopathie diabétique

© Ligue Braille

 

Comment le dépister ?

 

Le traitement de la rétinopathie diabétique exige une collaboration étroite entre l'ophtalmologue, le diabétologue et le médecin généraliste. Diagnostiquée à temps (l'ophtalmologue réalise un simple "examen de fond d'œil", obtenu par dilatation de la pupille), la maladie peut être traitée efficacement. Pour confirmer le diagnostic, l'ophtalmologue procède à plusieurs examens comme la mesure de l'acuité visuelle, la tension de l'œil, voire une angiographie rétinienne (qui informe sur la perméabilité des vaisseaux rétiniens).

Problème : en France, le taux de dépistage de la rétinopathie diabétique reste insuffisant. En 2014, près de 40 % des patients diabétiques n'ont pas eu de contact avec un ophtalmologiste depuis plus de 2 ans, alors que le rythme de dépistage recommandé par la Haute Autorité de santé (HAS) est tous les ans pour la majorité des patients, tous les 2 ans pour certains d'entre eux à risque oculaire moindre.

 

Afin de contribuer à améliorer le dépistage, l'Assurance maladie a donc autorisé les orthoptistes et infirmiers à réaliser un acte court et moins contraignant, le rétinographe non mydriatique, qui consiste en une photographie numérique du fond d'œil sans dilatation de la pupille. Toutefois, en 2015, cette mesure n'avait pas encore permis d'amélioration du dépistage. "L'objectif était de permettre à 500.000 voire 600.000 patients diabétiques de bénéficier de cet examen, or seuls 5.000 ont répondu présent, entraînant une dépense de seulement 0,7 % du budget alloué à cette mesure", expliquait le Dr Thierry Bour, président du Snof (Syndicat national des ophtalmologistes de France), à l’occasion du congrès de la Société française d’ophtalmologie (SFO), qui s'est clôturé ce 10 mai 2016 à Paris.

 

Quelle prévention et quel traitement ?

 

Il est possible de prévenir la rétinopathie diabétique par un contrôle régulier (au moins une fois par an) chez un ophtalmologue, l'atteinte de l'équilibre glycémique, une tension artérielle maîtrisée, ainsi qu'une bonne hygiène de vie.

 

Lorsque des lésions diabétiques débutantes sont découvertes, elles doivent être stabilisées. Le traitement utilisé est la photo coagulation au laser. Celui-ci a pour but de traiter les zones d'ischémie (pauvres en apport d'oxygène), ce qui amène une régression des vaisseaux anormaux. "Le laser est très efficace pour freiner l'évolution de la maladie et empêcher la cécité", indique la Fédération française des diabétiques. Toutefois, à la suite du traitement, il arrive que certaines personnes notent une baisse de la vision périphérique et de la vision nocturne. Dans le cas d'une rétinopathie diabétique proliférative avec hémorragie du vitré, une vitrectomie peut être indiquée : il s'agit d'une intervention chirurgicale qui consiste à extraire le corps vitré. Dans ces cas, le traitement au laser est complété après l'évacuation de l’hémorragie du vitré.

 

Diabetic retinopathy: how diabetes can cause blindness

By Lise Loume

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Posted on 11-05-2016 at 14:10

A + A-

Touching half of type 2 diabetes, retinopathy is a serious complication of this disease may lead to blindness in the absence of appropriate treatment.

The vision of a person with a vitreous hemorrhage due to proliferative diabetic retinopathy. Ligue Braille

 

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SUMMARY

• definition

• Origin

• Symptoms

• Screening

• Prevention and treatment

 

What is it ?

 

retinopathy, characterized by deslésions of the retina of the eye, is a serious complication of diabetes that affects 50% despatients type 2 diabetes (at different stages), according to the French Federation of diabetics. Diabetes is thus responsible for 12% of all cases of blindness in Western countries! Several factors favor the occurrence of diabetic retinopathy and accelerate its progress: the duration of diabetes, blood sugar levels, unstable diabetes, hypertension, smoking, etc. This disease can accelerate the occurrence of other eye diseases like glaucoma or cataracts, and even lead to blindness in the absence of appropriate treatment

 

How it is explained?

 

Réceptionnant light waves and transmits them to the brain via the optic nerve, retina (see diagram below) is a thin membrane of the eye covered by a multitude of small vessels, the capillaries. Excess sugar in the blood - as in the case of diabetes - weakens the wall of the latter, resulting in a loss of tightness. It follows the break and then the bursting of these vessels (known as "micro-aneurysms"). To As, large areas of the retina are not oxygen. In response, the retina produces new more fragile vessels.

 

The phenomenon is growing and extends to the macula (the middle area of the retina), where is the center of vision. The macula thickens, and then occurs macular edema responsible for a decreased visual acuity that can be very important and only partially reversible. In addition, newly produced by retinal vessels may bleed into the vitreous (area in front of the retina), in some cases leading to a risk of tearing and thus detachment of the retina, responsible for a permanent loss of vision.

 

Doctors distinguish between two types of retinopathy: non-proliferative retinopathy, characterized by some microaneurysms and some micro-haemorrhages, less severe than proliferative diabetic retinopathy, to which the large bleeding is observed.

 

What are the symptoms ?

 

If some vision problems may indicate the presence of diabetic retinopathy (distorted letters reading, difficulty in passing from light to dark, etc.), the disease often installs without giving any warning signs . We can unfortunately be reached retinopathy even with a good view and in the absence of symptoms ... Hence the importance of regular monitoring by a specialist and early screening for patients with diabetes.

 

When it is light, the vitreous hemorrhage causes the vision of a few dark spots. These two images below illustrate the vision of a sighted person (top) and a person with a vitreous hemorrhage due to proliferative diabetic retinopathy (bottom).

 

Diabetic retinopathy

© Ligue Braille

 

How to detect it?

 

The treatment of diabetic retinopathy requires close collaboration between the ophthalmologist, diabetologist and general practitioner. Diagnosed in time (the ophthalmologist performs a simple "fundus examination", obtained by pupil dilation), the disease can be effectively treated. To confirm the diagnosis, the ophthalmologist performs several tests such as measuring visual acuity, the tension of the eye or retinal angiography (which informs on the permeability of the retinal vessels).

 

Problem: in France, the detection rate of diabetic retinopathy remains insufficient. In 2014, nearly 40% of diabetic patients have not had contact with an ophthalmologist for over 2 years, while the pace of testing recommended by the National Health Authority (HAS) is every year for the majority of patients every 2 years for some of them at lower risk eye.

 

To help improve screening, the Health Insurance has authorized orthoptists and nurses to make a short note and less restrictive, non-mydriatic retinal camera, which is a digitized photograph of the fundus without pupil dilation. However, in 2015, this measure had not yet led to improved screening. "The objective was to enable 500,000 or 600,000 diabetic patients benefit from this review, or only 5,000 were present, involving the expenditure of only 0.7% of the budget allocated to this measure," explained Dr Thierry Bour, President the SNOF (National Union of ophthalmologists of France), at the Congress of the French Society of ophthalmology (SFO), which ended this May 10, 2016 in Paris.

 

What prevention and what treatment?

 

It is possible to prevent diabetic retinopathy regular (at least once a year) by an ophthalmologist, achieving glycemic control, controlled blood pressure and a healthy lifestyle.

 

When debutantes diabetic lesions are discovered, they must be stabilized. The treatment used is laser photocoagulation. This aims to treat ischemic areas (oxygen-poor), causing regression of abnormal vessels. "The laser is very effective to slow down the disease progression and prevent blindness," the French Federation of diabetics. However, after the treatment, it happens that some people notice a decrease in peripheral vision and night vision. In the case of proliferative diabetic retinopathy with a vitreous hemorrhage, a vitrectomy may be appropriate: it is a surgical procedure that consists in extracting the vitreous. In these cases, the laser treatment is completed after the removal of the vitreous hemorrhage.

 

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