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Le diabète, la recherche et l'accompagnement.

Diabetes, Research and Support

Revue de presse

Patrick ALLARD/REA/Patrick ALLARD/REA

Un ingénieur programme le premier patient d'un essai de pancréas artificiel autonome, le 31 octobre 2011, au centre d'investigation clinique du CHU de Montpellier.

La France engagée dans la course au pancréas artificiel

Mots clés : Diabète type 1, santé

Par damien Mascret - le 08/03/2016

 

Les diabétiques de type 1 qui ne parviennent pas à équilibrer leur glycémie pourraient, dès 2019, bénéficier du dispositif français baptisé Diabeloop.

 

C'est un pancréas artificiel imaginé par une start-up française, Diabeloop. Ses concepteurs espèrent bien coiffer sur la ligne d'arrivée le géant américain Medtronic, qui truste déjà les trois quarts du marché des pompes à insuline. Un pari difficile puisque Medtronic a déjà annoncé le lancement de son dispositif pour 2017, sans même parler des autres candidats sérieux sur les rangs.

 

Mais rien n'est encore joué dans un marché évalué à plusieurs centaines de millions de dollars par an. Lors d'une conférence de presse, ce mardi à Paris, Erik Huneker, le directeur général de Diabeloop, l'a souligné: «pour l'instant plusieurs systèmes sont annoncés mais aucun n'est commercialisé».

À quoi sert un pancréas? À libérer de l'insuline dans le sang. Une hormone vitale qui permet de ramener le taux de sucre (glycémie) dans une zone normale lorsqu'il s'élève trop, par exemple après un repas. Vitale car sans insuline une personne tombe dans le coma. C'est le risque que courent les diabétiques de type 1 dont le pancréas ne fonctionne plus. C'est donc à eux que se destine ce pancréas artificiel.

 

Se passer de toute intervention humaine

 

La découverte et la fabrication de l'insuline dans les années 1920 ont heureusement permis de remédier au manque de cette hormone. Mais au prix d'injections pluriquotidiennes et de vérifications fréquentes du taux de sucre pour en ajuster la posologie. En effet, de trop fortes doses risquent de dépasser l'objectif et d'abaisser excessivement la glycémie, provoquant un malaise, parfois sévère, voire mortel!

 

Le principe d'un pancréas artificiel est véritablement en germe depuis le début des années 2000, lorsque les premiers capteurs de la glycémie en continu ont été développés. Puisqu'il devenait possible de connaître la glycémie quasiment en temps réel sans l'inconvénient de devoir multiplier les piqûres au bout du doigt, la tentation d'ajuster également en continu les doses d'insuline administrées s'imposait logiquement.

 

D'autant qu'en parallèle de ces progrès sur les capteurs se développaient aussi les pompes, capables de délivrer un flot minimal continu, et ajustable, d'insuline. Restait à ajouter une intelligence artificielle (algorithme), capable de déduire à partir des glycémies relevées par le capteur la dose d'insuline à libérer. D'abord à l'aide d'ordinateurs, puis, ces dernières années, avec des smartphones qui indiquent au malade comment régler le débit de sa pompe. Désormais l'ambition est de se passer de l'intervention humaine en laissant le capteur, l'intelligence artificielle (IA) et la pompe à insuline, dialoguer ensemble. «Ou presque, nuance Erik Huneker, car un capteur ne peut pas prévoir que vous allez manger. Il faut donc prévenir l'IA environ 10 minutes avant le repas en lui précisant si c'est un repas habituel, plus important, ou moins important que d'habitude. Même chose pour le sport, qui va au contraire réduire les besoins en insuline. Il faut avertir l'IA environ 30 minutes avant l'effort.»

 

«Capteur, pompe, algorithme, ce sont les trois éléments du pancréas artificiel», explique le Dr Guillaume Charpentier, président du Centre d'études et de recherches pour l'intensification du traitement du diabète (Ceritd) et président de la société Diabeloop. La start-up a été fondée en 2015 mais le projet a été lancé en 2011 avec l'appui du Leti, un des instituts de recherche avancée du CEA (Commissariat à l'énergie atomique). «L'intégration système, la microélectronique, c'est notre cœur de métier», souligne Marie-Noëlle Semeria, directrice du Leti. Le pancréas de Dabeloop a déjà été évalué avec succès sur 15 patients pendant trois jours aux CHU de Caen, Nancy et Strasbourg. Cette année, 36 patients vont entrer dans des essais hors hôpital et, en 2017, 100 patients seront suivis pendant trois mois à domicile.

«L'étape clé a été franchie en 2011 avec un premier essai hors hôpital à Montpellier», explique le Pr Éric Renard, coordinateur du département d'endocrinologie, diabète, nutrition au CHU de la ville. «C'est une véritable révolution pour les malades du diabète», se félicitait en janvier Marisol Touraine, la ministre de la Santé, lors de l'inauguration de la première journée nationale de l'innovation en santé. L'aventure n'est pas terminée.

 

Une avancée très attendue par les malades

 

Les patients sont impatients. «Les deux tiers d'entre eux seraient même prêts à payer de leur poche pour avoir accès au pancréas artificiel s'il était disponible aujourd'hui», explique Gérard Raymond, le président de la Fédération française des diabétiques, fort des réponses de 738 membres de l'association qui ont répondu à un sondage, par mailing et via les réseaux sociaux. Il est vrai que l'Assurance-maladie n'a jusqu'alors pas fait preuve d'un grand enthousiasme pour ces progrès technologiques. «La lecture de la glycémie en continu n'est toujours pas remboursée», déplore Gérard Raymond. «Elle l'est en Suède, Hollande, Slovénie...», remarque le Dr Guillaume Charpentier, président de Diabeloop.

 

L'attente des patients est facilement compréhensible. «Nous sommes en permanence attentifs pour ne pas tomber en hypoglycémie, explique Gérard Raymond. Dans notre sondage on voit bien que ça nous arrive tout de même souvent: au moins 5 fois par semaine pour 25 % des répondeurs et 4 fois par semaine pour 15 %.» D'ailleurs, 8 % des sondés disent faire au moins un coma par an! Parmi les contraintes le plus souvent mises en avant: le fait de devoir s'occuper tout le temps de son diabète, la peur des résultats de ses glycémies et la crainte des hypoglycémies.

 

Patrick Allard / REA / Patrick Allard / REA

A program engineer the first patient of an autonomous artificial pancreas trial on 31 October 2011, at the Clinical Research Centre of the CHU de Montpellier.

France is engaged in the race for artificial pancreas

Key words: type 1 diabetes, health

By Damien Mascret - the 08.03.2016

 

Type 1 diabetics who fail to control blood sugar levels may be as from 2019, benefit from the French device called Diabeloop.

 

It is an artificial pancreas designed by a French start-up, Diabeloop. Its designers hope good style on the American giant Medtronic finish line, which already monopolizes three quarters of the market for insulin pumps. A difficult challenge since Medtronic has announced the launch of its device for 2017, let alone the other serious candidates in the running.

 

But nothing is played in a market worth several hundred million dollars a year. At a press conference in Paris on Tuesday, Erik Huneker, CEO of Diabeloop, pointed out: "for now more systems are announced but none are marketed."

What is a pancreas? To release of insulin in the blood. A vital hormone that helps to reduce blood sugar (glucose) in a normal zone when it rises too much, such as after a meal. Vital because without insulin a person falls into a coma. This is the risk faced by Type 1 diabetics whose pancreas no longer works. It is to them that this is intended artificial pancreas.

 

Do without any human intervention

 

The discovery and production of insulin in the 1920s have happily allowed to address the lack of this hormone. But multiple daily injections of prices and frequent checks sugar levels to adjust the dose. Indeed, too high doses may exceed the target and lower blood sugar excessively, causing discomfort, sometimes severe, even deadly!

 

The principle of an artificial pancreas is truly the seeds since the early 2000s, when the first continuous blood glucose sensors have been developed. Since it became possible to know the glucose in near real time without the inconvenience of multiplying bites the fingertip, the temptation to also continuously adjust insulin doses logically necessary.

 

Especially in these parallel progress on the sensors were developed as pumps, capable of delivering a continuous minimum flow, and adjustable insulin. It remained to add artificial intelligence (algorithm), able to deduct from glucose detected by the sensor the insulin release. First, using computers and, in recent years, with smartphones that show the patient how to control the flow of the pump. Now the goal is to do without human intervention, leaving the sensor, artificial intelligence (AI) and the insulin pump, dialogue together. "Or almost, shade Erik Huneker because a sensor can not predict you'll eat. We must therefore prevent the AI ​​about 10 minutes before the meal tell him if it's a regular meal, more important or less important than usual. Same thing for the sport, which will instead reduce insulin requirements. It must notify the IA about 30 minutes before exercise. "

 

"Sensor, pump, algorithm, these are the three elements of the artificial pancreas," said Dr. Guillaume Charpentier, president of the Center for Studies and Research for the intensification of diabetes treatment (CERITD) and president of the company Diabeloop. The start-up was founded in 2015 but the project was launched in 2011 with the support of Leti, a research institutes of advanced CEA (Atomic Energy). "The system integration, microelectronics, is heart of our business," says Marie-Noelle Semeria, Director of Leti. The pancreas Dabeloop has already been successfully tested on 15 patients for three days at Caen University Hospital, Nancy and Strasbourg. This year, 36 patients will enter the hospital out testing and, in 2017, 100 patients will be followed for three months at home.

"The key step was taken in 2011 with a first test outside hospital in Montpellier," says Dr. Eric Renard, coordinator of the Department of Endocrinology, Diabetes, Nutrition at the University Hospital of the city. "This is a revolution for people with diabetes," welcomed in January Marisol Touraine, Minister of Health, at the inauguration of the first National Health Innovation day. The adventure is not over.

 

Advanced eagerly awaited by patients

 

Patients are impatient. "Two thirds of them are even willing to pay out of pocket for access to artificial pancreas if it were available today," says Gerard Raymond, president of the French Federation of diabetics, strong responses from 738 members who responded to a survey, by mailing and via social networks. It is true that Medicare has hitherto not shown much enthusiasm for this technology. "The continuous blood glucose reading is still not repaid," says Gerard Raymond. "She is in Sweden, Holland, Slovenia ..." says Dr. Guillaume Charpentier, President of Diabeloop.

 

The expectation of patients is easily understandable. "We are constantly mindful not to fall in hypoglycemia, says Gerard Raymond. In our survey we can see that happens we still often. At least 5 times a week for 25% of responders and 4 times a week for 15% "Moreover, 8% of respondents say they do at least a coma per year! The constraints most often put forward: having to deal all the time of his diabetes, fear the results of their blood glucose levels and fear of hypoglycemia.

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