Test d'un «pancréas artificiel» associant smartphone et insuline. / Test of "artificial pancreas" involving smartphone and insulin

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Diabète. Test d'un «pancréas artificiel» associant smartphone et insuline

Santé - Publié le 11/06/2016 à 12:54

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•Un « pancréas artificiel », actuellement testé par 45 malades dans neuf hôpitaux en France, pourrait changer la vie des diabétiques. | AFP

 

Un « pancréas artificiel », actuellement testé par 45 malades dans neuf hôpitaux en France, pourrait changer la vie des diabétiques.

 

Cette innovation permet d'injecter, à la place des malades, en temps réel, la bonne dose d'insuline, calculée par un smartphone via un algorithme très complexe.

 

Le système testé, baptisé Diabeloop, associe trois appareils reliés entre eux par Bluetooth : une pompe à insuline et un capteur de glycémie placés sur la peau - tous deux déjà couramment utilisés par des millions de malades dans le monde - et un téléphone Android équipé d'une application spécifique. À terme, le téléphone pourra transmettre en permanence les données du patient à un centre de télé-médecine.

 

Plus de savants calculs Ainsi équipés, les diabétiques de type 1 (insulino-dépendants) n'ont plus à se livrer à de savants calculs pour déterminer leur dose d'insuline - qui varie beaucoup en fonction des repas, de l'activité physique, du stress, ou des heures de la journée. Ils sont aussi davantage à l'abri d'épisodes d'hypo ou d'hyperglycémie (manque ou excès de sucre dans le sang).

 

Le logiciel repose sur un algorithme « hyper complexe, de 13 équations à 13 inconnues », détaille Sylvain Rousson, l'un des ingénieurs qui l'a développé. « L'idée, c'est de calculer en permanence, et par anticipation, le taux de sucre que le patient aura dans deux heures, afin de déterminer de quelle quantité d'insuline il a besoin tout de suite », ajoute le développeur.

 

Le logiciel est en outre capable de s'améliorer lui-même : au fil des jours, il affine ses calculs pour mieux s'adapter au patient et parvenir ainsi à un meilleur résultat.

 

L'appareil gère la maladie« On n'a plus besoin de penser, de s'inquiéter si on va être en hypo ou en hyperglycémie », résume Marie-Claude Lehmann, l'une des 45 « cobayes » qui a testé le dispositif. Pendant deux fois trois jours, cette patiente de 45 ans, diabétique depuis 16 ans, a été hospitalisée à Strasbourg dans le cadre d'un protocole de test, avec pour consigne de réduire son activité physique, le temps de l'expérience.

 

Ailleurs en France, d'autres cobayes devaient au contraire éprouver le système en faisant du sport, d'autres encore ont eu droit à des repas gastronomiques.

 

Dans tous les cas, le patient délègue à l'appareil l'essentiel de la gestion de sa maladie. Il doit seulement préciser au logiciel quelle quantité de glucides il a mangée, ainsi que son activité physique. « Ça me libère de mon anxiété, notamment la nuit où j'ai toujours peur de faire un malaise, par manque de sucre », raconte Mme Lehmann.

 

« Changer la vie des patients »Le logiciel, qui donne « de relativement bons résultats », va « changer la vie des patients, en diminuant leurs contraintes » résume le Pr Nathalie Jeandidier, diabétologue aux hôpitaux universitaires de Strasbourg. Il sera prochainement testé pendant trois mois, à domicile cette fois, par un nouveau groupe de 100 malades.

 

À l'échelle de la planète - qui compte 25 millions de diabétiques insulino-dépendants -, plus de 15 équipes de recherche travaillent sur des projets de modélisation mathématique plus ou moins similaires, précise le Dr Guillaume Charpentier, président de Diabeloop, start-up basée à Grenoble, qui a jusqu'à présent bénéficié de deux millions d'euros de financements publics.

 

« Notre projet, démarré en 2011, est le seul de ce type en France. Nous espérons pouvoir commercialiser le dispositif fin 2017, et obtenir son remboursement par la sécurité sociale en 2018 ou 2019 », ajoute le diabétologue.

 

Mieux gérer sa glycémie. Pour ce faire, il faudra démontrer que le logiciel est non seulement fiable, mais qu'en plus il permet aux malades de mieux gérer leur glycémie qu'avec les équipements actuels.

 

« La cible prioritaire, ce sont les 50 % de patients qui, malgré tous leurs efforts, n'arrivent pas à bien réguler leur taux de glycémie, et s'exposent ainsi à des complications », selon le Dr Charpentier.

 

Certains des cobayes ayant essayé le logiciel sont justement dans ce cas. « L'un d'eux est diabétique depuis 50 ans, et il était surpris de constater qu'une machine qui ne le connaissait pas arrivait à mieux gérer sa maladie que lui-même, qui est pourtant habitué à la gérer tous les jours depuis si longtemps ! », s'enthousiasme l'ingénieur Sylvain Rousson.

 

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Diabetes. Test of "artificial pancreas" involving smartphone and insulin

Health - Published on 06/11/2016 at 12:54

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An "artificial pancreas" being tested by 45 patients in nine hospitals in France, could change the lives of diabetics. | AFP

 

An "artificial pancreas" being tested by 45 patients in nine hospitals in France, could change the lives of diabetics.

 

This innovation allows injection, instead of patients, in real time, the right dose of insulin, calculated by a smartphone using a complex algorithm.

 

The tested system, called Diabeloop combines three devices connected by Bluetooth: an insulin pump and a glucose sensor placed on the skin - both already widely used by millions of patients worldwide - and an Android phone equipped a specific application. Eventually, the phone will continuously transmit patient data to a telemedicine center.

 

More complex calculations Thus equipped, type 1 diabetes (insulin-dependent) no longer have to engage in scientific calculations to determine their insulin dose - which varies greatly depending meals, physical activity, stress, or hours of the day. They are also more immune to episodes of hypo- or hyperglycemia (lack or excess sugar in the blood).

 

The software is based on an algorithm "hyper complex of 13 equations with 13 unknowns," explains Sylvain Rousson, one of the engineers who developed it. "The idea is to calculate constantly, and in anticipation, the sugar that the patient will have two hours to determine how much insulin he needs right now," added the developer.

 

The software is also able to improve himself as the days, it refines its calculations to better adapt to the patient and thereby achieve a better result.

 

The unit manages the sickness "We no longer need to think, worry about getting in hypo or hyperglycemia," says Marie-Claude Lehmann, one of the 45 "guinea pigs" who tested the device . For two times three days, this patient 45 years, diabetic for 16 years, was hospitalized in Strasbourg as part of a test protocol, with instructions to reduce physical activity, time of experience.

 

Elsewhere in France, other guinea pigs were instead stress the system while playing sports, and others were treated to gourmet meals.

 

In all cases, the patient delegates to the essential device for managing the disease. He must only specify the software what amount of carbohydrates he ate, and his physical activity. "It frees me from my anxiety, especially at night when I'm always afraid to make discomfort, lack of sugar," says Ms. Lehmann.

 

"Changing patients' lives" The software, which provides "relatively well", will "change the lives of patients, reducing their constraints" summarizes Prof. Nathalie Jeandidier, diabetologist at Strasbourg University Hospitals. It will soon be tested for three months at home this time with a new group of 100 patients.

 

Across the planet - which has 25 million insulin-dependent diabetes - more than 15 research teams working on mathematical modeling projects more or less similar, said Dr. Guillaume Charpentier, President of Diabeloop, startups based in Grenoble, which has so far benefited from two million in public funding.

 

"Our project, started in 2011, is the only of its kind in France. We hope to market the device end 2017, for a refund of Social Security in 2018 or 2019, "says diabetologist.

 

Better manage their blood sugar To do this, it will demonstrate that the software is not only reliable, but also that it allows patients to better manage their blood sugar levels with current equipment.

 

"The priority target, it is the 50% of patients who, despite their best efforts, are unable to well regulate their blood sugar levels, and are therefore exposed to complications," said Dr. Carpenter.

 

Some of the guinea pigs having tried the software is precisely in this case. "One of them is diabetic for 50 years, and he was surprised to find a machine that did not know came to better manage their disease itself, which is yet accustomed to manage daily for so long ! "Enthuses engineer Sylvain Rousson.

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